Sarajevo avec son chien

La ville de Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, se situe à 130 km (2h15) de Mostar et 250 km (4h00) de Split. De nombreux cars touristiques font la route chaque jour, si tu voyages à pied.

Dans cet article, je mettrai moins de photos que d’habitude, parce que pour moi, certaines choses que j’ai été amenée à voir doivent rester où elles sont. La paix et le respect des morts est une valeur importante à mes yeux. On dit qu’à Sarajevo, chaque habitant encore en vie y a perdu au moins un membre de sa famille ou un ami proche. La guerre n’est terminée que depuis 25 ans, ce qui reste très frais dans les mémoires. Si tu as des questions, tu peux m’envoyer un e-mail via le formulaire de contact, je te répondrai volontiers.

Un peu d’histoire

C’est sur l’un des ponts que l’archiduc François-Ferdinand fut assassiné, marquant ainsi le début de la première guerre mondiale. La ville a ensuite accueilli les jeux olympiques d’hiver en 1984 (voir l’article à ce sujet), mais bon, perso je ne m’en souviens pas vu que je n’étais pas née 🙂 Et plus récemment, Sarajevo a subi un siège de  1’395 jours durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, du 5 avril 1992 au 14 décembre 1995 (ça je m’en souviens), soit pendant près de 4 ans. Il s’agit du siège le plus long de l’histoire moderne.

Suite à la décision des bosniaques de déclarer leur indépendance face à la Yougoslavie, l’armée serbe, moins nombreuse, décida d’assiéger la ville de Sarajevo et de la bombarder quotidiennement (en moyenne 1’200 obus par jour, soit près d’un par minute), en privant les habitants de nourriture, de chauffage et d’électricité, afin de les affaiblir jusqu’à ce qu’ils se rendent. De nombreux snipers étaient également postés dans la ville. Les routes furent coupées, empêchant les camions des ONG d’apporter vivres et médicaments.

Pour contourner ce blocus, l’ONU, qui gérait l’aéroport de Sarajevo, décida de l’ouvrir au transport aérien. Et c’est bien connu, personne n’ose s’en prendre à l’ONU, pas même les serbes. En outre, les habitants de Sarajevo ont profité de cette aide bienvenue (le tarmac était une zone protégée), pour creuser un tunnel dessous, dont la sortie, cachée dans une maison villageoise, se trouvait en zone libre. Il peut être visité encore aujourd’hui (voir plus loin dans cet article).

Le siège a fait plus de 11’500 morts, dont pour une bonne partie, des civils (hommes femmes et enfants). Dans les alentours, la guerre a laissé beaucoup de traces encore visibles sur les façades des maisons, avec les traces d’impacts et les réparations de fortune. Les marques des obus dans les chaussées, elles, ont été conservées et remplies avec de la résine rouge, dans un souci de mémoire. On les appelle Les Roses de Sarajevo.

 

Mais d’après la Serbie, le siège de Sarajevo n’a jamais existé, je vous le rappelle…

 

Sinon, en 2018, Sarajevo c’est top ! Ultra européanisée, hyper sécurisée, calme, juste géniale ! Toutes les cultures s’y rencontrent, s’y mélangent et cohabitent dans une harmonie impressionnante.

Même si la ville est en terre bosniaque (musulmane), j’y suis allée en short assez court et débardeur décolleté et ça n’a choqué personne ! Je ne me suis pas faite agressée, je n’ai pas vu de pickpocket, et je m’y suis sentie en sécurité !

L’image que l’on en a en occident est très largement erronée. Vraiment ! La seule personne qui m’a interpelée, c’était un roumain qui faisait la manche (les mêmes que chez nous) et qui s’est fait sèchement chasser par un passant qui n’a pas apprécié que je me fasse importuner. En plus, tout le monde parle anglais en Bosnie.

 

 

Où dormir ?

A Sarajevo, tu peux dormir au Olywood Camping (non, je n’ai pas fait de faute de frappe), chez Oliver et sa fille (dont j’ai oubli le prénom). C’est l’ami de Nedzad, tu sais, celui dont je t’ai parlé dans l’article sur Mostar. Il y a pas mal de place pour camper, mais aussi quelques chambres à louer, pour vraiment pas cher. Et, bien sûr, les chiens sont les bienvenus.

 

Se rendre en ville

Pour se rendre à Sarajevo, à moins d’avoir fait le trajet dans un car de tour opérateur, tu seras en voiture. En Bosnie Herzégovine, il y a les parkings officiels (ceux avec une barrière et une caisse automatique), et les … parkings particuliers. En général, ils ne sont pas indiqués, mais tu verras qqun sur le bord de la route te faire signe et t’aborder. On te proposera de stationner, on te demandera combien de temps tu souhaites rester et on t’expliquera que pour 2 ou 3 €, ta voiture sera surveillée. Comprendra qui pourra … !

Nous, à Sarajevo, on a fait un mix. Dans une petite ruelle derrière le Macdo (situé sur la rue principale de la vieille ville), on a trouvé un terrain vague, surveillé par deux hommes dans un baraquement de chantier. On a même eu droit à un ticket en guise de reçu, c’était le grand luxe. Attention, aussi incroyable que cela puisse paraitre, les chiens sont interdits dans le Macdo. Sauf Cosmos, parce que quand j’ai la dalle, personne n’ose me contredire.

De là, tu peux visiter toute la ville à pied en 3 à 4h00 si tu prends le temps de manger.

La ville de Sarajevo est surprenante. Autant, sur la route pour t’y rendre, tu croiseras de nombreuses maisons en ruine ou affichant encore les impacts des balles et des obus, autant, dans le centre-ville, tout te paraîtra « normal ». La majeure partie des bâtiments ayant été détruite pendant le siège, ils ont été démolis et reconstruits. La ville se relève, doucement mais sûrement. Au cœur de Sarajevo, difficile d’imaginer les horreurs qui ont pu s’y passer il y a moins de 25 ans.

 

A visiter

  • Les roses de Sarajevo, déjà, parce que ça fait partie de l’histoire de la ville, surtout si, comme moi, tu te souviens des images des bombardements et des chars d’assaut à la télé quand tu étais gamin(e).
  • S’imprégner de l’ambiance. Sarajevo, c’est un monde en soit. Une magnifique cathédrale, une grande mosquée, des magasins des plus grandes marques mondiales et des petits commerces authentiques. Tout cela dans la même rue (piétonne). Le vieux bazar te transportera dans un univers parallèle.

 

  • Baščaršija. C’est le quartier ottoman de la ville. C’est aussi là que tu trouveras le vieux bazar. Tu y verras vraiment beaucoup de petits commerces en bois, des restaurants remplis de locaux (essaie le Börek et le Ćevapi), et des échoppes à souvenirs.

 

  • Le musée du génocide et du crime de guerre contre l’humanité. Personnellement, je ne m’y suis pas rendue. Je ne voyais pas l’intérêt d’aller faire du voyeurisme (quand je parle de « la paix des morts »…). En plus, d’un naturel hypersensible, j’étais déjà assez bouleversée avec ce que je voyais en parcourant le pays. Le musée expose des photos, des effets personnels des victimes et des prisonniers récupérés dans 156 camps qui ont existé et différents outils de torture. C’est également un lieu où l’on peut avoir des informations sur les fosses communes découvertes à ce jour, et des vidéos témoignages. Le musée montre bien l’état d’esprit de ceux qui ont subi cette guerre, ainsi que les violences et cruautés commises.
  • Le tunnel de Sarajevo. Pour t’y rendre, il faudra reprendre la voiture, car c’est à environ 10-15 Minutes de route. Le tunnel a été construit en 1993, après une année de siège. Il part de Dobrinja, au bord de la piste de l’aéroport, et ressort à Butmir. Il aura fallu 5 mois pour réaliser ce tronçon de 800 mètres. Le tunnel a permis de ravitailler la ville et ses habitants en nourriture et en munitions. Voici le lien si tu veux en savoir plus.

 

 

 

Voilà, c’est comme ça que Cosmos et moi, on a vu Sarajevo. 40 ans après le voyage de mes grands-parents (oui oui, ma mamy et mon papy ont aussi visité Sarajevo), une dictature et une guerre plus tard, nous voici, nous aussi, dans cette ville chargée d’histoire, au charme inégalable. Ne nous crois pas sur parole, viens y faire un tour !!

 

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