Thirty is the new Twenty

J’ai 33 ans. L’âge du Christ, l’âge du bilan. La vingtaine s’éloigne, la quarantaine approche. On dit que la trentaine est la plus belle décennie de la femme, celle de son épanouissement.

J’ai 33 ans. Cela fait 15 ans que j’ai fêté mes 18 ans. 15 ans que je suis « adulte », ou du moins, responsable de mes choix et de mes actions. Mais qu’est-ce que ces 15 années m’ont réellement apportées ?

J’ai fait mes expériences, je suis allée au bout de mes envies

J’ai mis les pieds sur tous les continents. J’ai dormi dans la Jungle, je suis partie en Afrique sur un coup de tête, j’ai traversé l’Australie dans tous les sens, j’ai campé à Yellowstone, j’ai fait la fête à plus de 3’400 mètres d’altitude dans les Andes. J’ai nagé avec des requins, j’ai navigué sur une barque de fortune au milieu des crocodiles et j’ai assisté à l’éclosion d’œufs de tortue de mer sur une plage déserte.

Je me suis cassé toutes les parties du corps et j’ai attrapé les maladies tropicales les plus improbables, parasites compris. Des insectes ont pondus sous ma peau et je me suis réveillée avec une mygale à 15 cm de mon visage.

J’ai tellement d’histoires de voyages, qu’il me faudrait des jours entiers pour toutes les raconter. Et certaines, je sais que je les garderai pour moi, définitivement. Mais j’ai surtout appris à dépasser mes peurs, et que mes seules limites sont celles que je m’impose.

Je me suis réalisée

Durant ma vingtaine, j’ai fait absolument tout ce que j’avais envie. Le jour de mes 29 ans,  j’ai fièrement tracé la dernière ligne sur ma « liste des choses à faire avant 30 ans ». J’ai fêté mon anniversaire, seule sur une plage, à l’autre bout de la planète.

Je voulais voir le monde et je l’ai vu. Je l’ai parcours, je l’ai gouté, je l’ai pleuré aussi parfois. J’ai côtoyé le luxe et j’ai vu la misère. J’ai mis mes aprioris et mes idées reçues à l’épreuve, je me suis forgée mes propres valeurs.

J’ai sans doute vécu plus d’expérience en 15 ans que la plupart des gens dans toute une vie. Cela m’a permis de trouver ma place au milieu de toute cette immensité.

J’ai fait mes propres choix et je les assume

J’ai un travail dans lequel je me sens bien. Je ne suis pas carriériste et j’assume le fait de privilégier un climat de travail agréable, de bons avantages et des collègues sympa Avoir un poste influant, du pouvoir, un salaire que je n’aurai pas le temps de dépenser ? Non merci ! Moi je veux avoir du plaisir à me lever le matin et plein de temps libre pour voyager. La pression sociale ne m’atteint plus, je suis en phase avec mes envies.

On m’a brisé le cœur et j’en ai brisé d’autres. Aujourd’hui, je suis célibataire par choix. Je pourrais très bien avoir un mari, trois enfants et une maison dans une banlieue huppée. Mais j’ai choisis de penser d’abord à moi et de m’épanouir personnellement avant de construire une vie de famille. Je suis célibataire, mais je ne suis pas seule. Je suis avec moi-même et je n’ai pas besoin d’une relation pour me définir.

Je me suis affirmée

Si j’ai envie de dire merde non, je dis merde non. Pas par esprit de contraction ou de rébellion. Mais simplement, parce que je le pense. Je ne me force plus « pour faire plaisir », « pour plaire ». Je dis oui si j’ai envie, et non si ce n’est pas le cas. Aussi simple que cela.

J’ai mes propres goûts, mes propres centres d’intérêts, et j’en suis fière. Je me connais. Je ne me justifie plus, je n’ai plus rien à prouver, ni aux autres, ni à moi-même. Je ne cherche plus dans le regard de mon entourage une confirmation de ma propre valeur. Je sais qui je suis, ce que je vaux, et cela me suffit.

Je me respecte

Aujourd’hui, je me respecte suffisamment pour refuser une relation qui n’est pas épanouissante pour moi. Je sais qu’on ne change pas qqun. Je sais ce que j’apprécie et ce qui est rédhibitoire pour moi. Je ne m’accroche plus par peur d’être seule. Je sais que « la princesse en détresse qui se fait sauver par le prince charmant sur son cheval blanc » n’est pas un modèle qui me correspond. J’ai compris « qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Je suis une femme, indépendante, affirmée, épanouie et je veux un homme qui m’aime comme je suis, pour tout ce qui fait que je suis moi.

Je ne fais plus subir à mon corps une semaine complète de nuits blanches, traversée à grand renfort de cocktails et de caféine. Je prends du plaisir à manger (un peu plus) sainement, voire bio, et à faire des nuits de 8h00.

Je prends du temps pour moi. Enfiler un vieux pantalon de survêt un samedi à 17h00 et passer la soirée confortablement blottie dans mon canapé avec Cosmos, tasse de thé à la main, est pour moi une perspective beaucoup plus réjouissante que d’écumer les boites de nuits.

Le bilan

33 ans. Pour Bridget Jones, c’était l’âge de raison. Pour moi, c’est celui de la liberté. La liberté de m’aimer, comme je suis. Avec toutes mes qualités, mais aussi avec mes ombres. Je suis MOI, pour la première fois de ma vie. MOI, juste moi, sans jugement, sans faux-semblant.

Pour rien au monde je ne reviendrais à mes 20 ans. Parce qu’à 20 ans, on est naïve, pleine d’idées reçues et bien arrêtées, tout est à découvrir. A 30 ans, on est devenue soi-même.

Je ne suis pas égoïste. J’ai simplement compris que ma première priorité, c’est moi. Car personne ne le fera à ma place.

Je sais que toutes les expériences que j’ai vécues, bonne comme moins bonnes, n’étaient que des étapes nécessaires pour m’amener jusqu’à ce jour. Je suis exactement là où je suis sensée être. Je suis à ma place, Je suis heureuse. J’ai 33 ans, toute la vie devant moi, et elle me tend les bras !

 

Le bonheur est un voyage et non une destination.

6 commentaires sur “Thirty is the new Twenty

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  1. Wahou. Tellement fort ce que tu écris. Et j’aurai tellement voulu écrire le même bilan ! Je t’admire d’avoir eu le courage d’oser, de partir voir ailleurs. J’en avais envie, mais la peur a été plus forte. Aujourd’hui à 45 ans je commence à changer et à me dire que ma vie n’est Pas finie et que je peux encore peut être oser. Ce que je n’ai pas Fait avant, je peux encore le faire maintenant. Réussir à passer outre ce que les autres peuvent penser ou attendre de moi.
    Encore bravo petite Caro, c toi qui a tout juste 😉

  2. j’ai 47 ans. je passe mon temps à me liberer de mes contraintes et à essayé d’aimer la vie…..
    J’y crois et je me bat chaque jours. Ton message est une beauté et on voit que tu as compris l’essentiel. Belle vie à toi. sophie

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