L’arrivée du chiot : la première nuit

Le jour où je suis allée chercher Cosmos pour, enfin, le ramener à la maison, je ne l’oublierai jamais. L’amie qui a Banksy, son père, avait été la veille le récupérer dans la ferme où il est né pour l’habituer en douceur (et profiter de 24h avec le fils de son chien). Pour que Cosmos aille déjà mon odeur avec lui, j’avais laissé son petit panier de couchage sur place.

C’était un vendredi. Car je voulais pouvoir lui consacrer tout le WE et ne pas retourner travailler dès le lendemain matin. D’ailleurs, la semaine suivante, j’ai pris tous mes après-midi pour lui apprendre à rester seul, progressivement. J’admets volontiers que ce fameux vendredi, je n’ai pas été très productive. Je comptais les heures et j’ai vidé la batterie de mon téléphone en regardant, encore et encore, les photos que je recevais de Cosmos et Banksy.

 

 

Lorsque ma journée fut enfin terminée et que je suis arrivée en bas de chez mon amie, j’ai encore en mémoire l’image de ma petite boule de poil, courant maladroitement vers moi pour me dire bonjour. Nous sommes restés là, tous les quatre, pendant une bonne heure. Banksy m’évaluant et prenant doucement confiance en moi pour me « confier » son fils, Cosmos s’habitant à la situation à son rythme, trois foyers en trois jours, cela faisait beaucoup pour lui, et mon amie rassurée de le voir s’épanouir avec moi.

Ensuite, nous sommes rentrés et avons fait un tout petit tour dans « notre rue » pour qu’il puisse commencer à prendre ses marques, mais pas trop long non-plus car il avait déjà eu beaucoup d’émotions durant la journée.

A peine la porte franchie, Cosmos s’est en effet senti chez lui (j’ai tout de suite déposé son panier dans le salon afin qu’il ait une odeur familière pour lui). A tel point que, d’excitation, il a inauguré le tapis. Ensuite, c’était génial. Il a fait le tour du propriétaire, enfilé sa petite tête partout, grimpé sur tout ce qui était à sa hauteur, en vérifiant bien que je le suivais dans chaque pièce. Il était fier de jouer les explorateurs (et ça n’a pas changé depuis).

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Cosmos avec ses frères

Le moment de dormir venu, j’avais décidé de suivre les conseils que l’on m’avait donnés et de le faire dormir dans la cuisine. Déjà pour des questions de facilité de nettoyage. Un chiot, ça apprend la propreté en 3 semaines si l’on s’y prend bien (j’écrirai prochainement un article à ce sujet). Et puis l’autre raison, c’est que la chambre, ce n’est pas la place du chien (ouais.. bon… j’étais plein de principes à cette époque). En tout cas les premiers mois, il faut qu’il comprenne où est sa place dans la hiérarchie, et ce n’est pas dans le lit de son maître.

Ce qui devait arriver arriva, malgré la petite veilleuse, Cosmos s’est mis à pleurer. Alors j’aurais pu être « forte » et le laisser pleurer toute la nuit, me disant qu’il finirait par s’endormir de fatigue. J’aurais pu crier plus fort que lui, pour bien lui montrer « qui est le maître » et faire en sorte qu’il se taise parce qu’il a peur de moi. J’aurais pu suivre les conseils de certains « bienpensants » et l’asperger d’eau pour qu’il se taise. Bref, j’aurais pu être un de ces maîtres qui « domine son chien » et exercer un jeu de pouvoir militarisé. Sauf que… ce n’est pas moi. Moi, je fonctionne à l’empathie.

Maintenant, met-toi à sa place cinq minutes. Il y a deux jours, il vivait avec ses frères et sœurs et sa mère, bien au chaud dans une ferme. Hier, il avait changé de maison et dormait avec son père. Ce soir, il se retrouve dans un troisième foyer, plein d’odeurs et de bruit inconnus, dans une pièce qu’il ne connait que depuis quelques heures, et surtout, il ne comprend pas ce qui lui arrive et il est SEUL.

J’ai maintenu ma décision de le faire dormir à sa place, parce qu’il fallait bien commencer à lui donner un cadre. Mais je peux tout à fait comprendre qu’il avait peur et donc besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques. Alors, on a fait les choses à notre façon, en douceur. Il a dormi dans son panier, à la cuisine, et j’y ai dormi avec lui, par terre de façon à ce qu’il puisse se blottir contre moi.

La nuit suivante, j’ai attendu qu’il s’endorme, puis j’ai dormi dans le canapé. La troisième nuit, même chose, sauf que je suis retournée dans mon lit. Ensuite… et bien Cosmos n’a plus jamais rien dit.

La première fois que je suis partie seule avec mon sac à dos sur un autre continent, je m’y étais préparée mentalement, je savais ce qui m’attendait, et pourtant, les premières nuits, j’avais peur. J’ai pris mon courage a deux mains et cela ne m’a pas arrêtée, mais il m’a fallut un temps d’adaptation.

Aujourd’hui, Cosmos a accès à la chambre la nuit. Lorsque je vais me coucher, il vient toujours me souhaiter une bonne nuit à sa façon. Et je le laisse faire. Car dès que j’éteins la lumière, il file dans son panier, ou sur le canapé. Venir dans la chambre, c’est sa manière à lui de s’assurer que je vais bien et qu’il peut aller se coucher sereinement. Je suis en sécurité.

 

 

Beaucoup de gens rigolent lorsqu’ils m’entendent parler de mon chien, m’accusant de le materner, d’en faire trop, de ne pas tenir mon rôle de « dominant ». Moi, j’ai une vision différente des choses. Un Jack c’est effectivement têtu, mais c’est surtout une boule d’amour sur pattes. On peut être ferme tout en étant doux. Ça s’appelle une main de fer dans un gant de velours. Où tout simplement être à l’écoute des besoins de son chien.

Personnellement, je n’ai jamais aimé recevoir des ordres sans explications. Je pourrais aller faire mon jogging en palmes et avec un tuba si l’on arrivait à me convaincre de l’utilité de cette méthode. Mais je n’accepterai jamais d’obéir à qui que ce soit aveuglément, sans la moindre explication, ou sans une explication « valable » à mes yeux. Alors pourquoi demander à mon chien, une chose que je suis incapable de faire moi-même ?

Je crois au renforcement positif. Je suis convaincue qu’il n’est pas nécessaire d’écraser les autres pour s’affirmer. Comprendre mon chien, ses besoins, ses craintes, ses attentes, accepter sa personnalité sans chercher à le « briser », c’est, à mon sens, la meilleure manière de l’éduquer. Et qu’importe s’il met plus de temps que les autres pour apprendre un ordre. Qu’importe si, parfois, il fait le coquin et test les limites. Je sais qu’entre lui et moi, il y a un lien très fort, fusionnel, et que lorsque la situation l’exige, il m’obéira sans se poser de question s’il entend dans ma voix qu’il y a un souci. Parce que j’ai toujours été juste avec lui et que tout à un sens, aussi à ses yeux à lui.

Chacun aura son avis sur la question, ici, c’est le mien. Un chiot qui accepte de dormir seul dans une pièce sans ses maîtres en seulement trois nuits, moi je trouve que c’est plutôt pas mal. Surtout sans avoir à le contraindre ou le gronder.

Et puis… On dira ce qu’on voudra, mais aujourd’hui, mon Cosmos, je peux l’emmener partout avec moi, en boîte de nuit, à la fête de la bière, en camping, à l’hôtel, à la belle étoile ou chez des amis, il s’adapte à TOUT !

En résumé, plus tu seras attentif à ton chien, à son comportement, ses gestes, ses regards, plus tu t’apercevras qu’il te parle, à sa manière et qu’il est tout à fait capable de t’expliquer ce dont il a besoin. A toi ensuite de faire en sorte de répondre à ses attentes.

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