J’ai testé le Surströmming

 En juin 2019, Cosmos et moi avons visité la Suède. Avant de partir, j’avais demandé à Julia (qui a travaillé avec des Huskies en Finlande) quelles étaient les spécialités suédoises.

Elle m’avait alors parlé du Surströmming, tout en me prévenant que l’odeur est tellement forte, qu’apparemment, il est interdit d’ouvrir une boîte dans les lieux publics et il est formellement interdit d’en transporter dans un avion. Certains qualifient même le Surströmming de « pire odeur du monde » !

Le Surströmming : qu’est-ce que c’est ?

Le Surströmming est une spécialité culinaire en Suède et c’est le plat traditionnel pour les fêtes de Noël, Pâques et Midsommar (la fête de l’été).  Le Surströmming est fabriqué à base de hareng fermenté, pêché dans la mer Baltique, qui est ensuite salé et conditionné dans une boîte de conserve et que l’on laisse vieillir et fermenter (plusieurs mois, voire plusieurs années), pour développer son « arôme ». A l’époque, il s’agissait surtout du moyen de conservation le moins cher. 

Et quand je mets des guillemets à « arôme », ce n’est pas pour rien. Car j’ai testé et le Surströmming, ça pue !  Traditionnellement, il faut laver et vider le hareng, puis le savourer avec du pain beurré, des pommes de terre et des oignons, de manière à former un sandwich. La boisson préconisée pour accompagner ce plat de gastronome est la bière, ou le lait.

Le Surströmming Challenge

L’odeur du Surströmming est si particulière (voire infecte), qu’elle a fait l’objet d’un Surströmming Challenge sur internet, dont le but est de se filmer et tenter de supporter l’odeur et le goût de cette préparation.

J’ai un peu fouiné avant de partir en Suède, et j’ai effectivement trouvé des dizaines de vidéos, montrant toutes des voyageurs incrédules, ouvrir la fameuse boîte de Surströmming, et… au mieux avoir des relents de dégout, au pire… vomir tripes et boyaux. Rares sont ceux qui arrivaient à en manger. C’était donc un challenge fait pour moi !

Pour vous donner une idée, voici une courte vidéo :

Trouver du Surströmming en Suède

 En passant la frontière suédoise à Copenhague, ma première mission a été de faire des courses et d’acheter du Surströmming. Mais à ma grande surprise, ce n’est pas si facile. J’ai dû faire 5 ou 6 magasins et une bonne semaine pour en trouver.

Pour info, bien qu’il s’agisse d’une boîte de conserve, au supermarché, le Surströmming est conservé dans les réfrigérateurs, avec le saumon fumé et le caviar… Et pour cause, la boîte a beau être hermétiquement fermée, elle est bombée à cause de la pression à l’intérieur. Je l’ai donc manipulée avec une extrême précaution lorsque je l’ai transportée dans mon sac à dos et dans la voiture.

J’ai testé le Surströmming

Je vais être honnête, il m’a fallu trois jours pour trouver le courage d’ouvrir la boîte de Surströmming et tenter l’expérience du Surströmming Challenge.

Pour le coup, j’ai choisis d’épargner mon chien, et de faire ça sans lui, au vu des commentaires que j’avais lu, car son odorat est très sensible. 

J’avais une bassine pour éviter d’avoir des projections de jus partout (à cause de la pression de la boîte), du pain et du beurre (j’ai zappé les patates et les ognons pour profiter un maximum de toutes les « saveurs » du Surströmming) et… une grosse dose de dérision, car je ne pouvais pas concevoir qu’un aliment commercialisé soit réellement pestilentiel au point d’en vomir, convaincue que les vidéos étaient « arrangées » pour faire le buzz.

 J’ai testé : ouvrir une boîte de Surströmming

Effectivement, il y a pas mal de gaz à l’intérieur, et ça gicle un peu. Mais ça ne sentait rien. J’ai alors approché mon visage et là, mon nez a ramassé de plein fouet une odeur… de chiottes !

Navrée, je ne peux pas le dire autrement : Ça sent les chiottes. Les chiottes publiques portatives en plastiques que l’on trouve dans les festivals, que l’on aurait laissées en plein soleil par temps de canicule, durant des heures. Ou les chiottes sèches que l’on trouve dans les cabanes de montagne.

Après quelques minutes d’hésitations, comme l’odeur ne semblait pas s’atténuer, j’ai décidé de vider le jus dans la bassine. Mauvaise idée ! C’est comme déclencher un fumigène, mais un fumigène olfactif ! L’odeur nauséabonde qui se dégageait s’est propagée de manière exponentielle, au point que j’ai dû m’écarter.

Et là… J’ai vu foncer droit sur la boîte de Surströmming et la bassine : un nuage de grosses mouches noires ! Elles, de toute évidence, semblaient avoir découvert le banquet de l’année !

J’ai testé : manger du Surströmming

A ce moment-là, j’ai sérieusement douté de ma capacité à avaler ce truc. J’ai cherché la définition de « fermentation » sur internet (puisqu’il s’agit de hareng fermenté), histoire de me rassurer, mais Le Larousse n’a fait qu’amplifier mon appréhension : pourriture, décomposition enzymatique de la matière organique.

Pourriture !!! C’est donc du poisson pourri, qui sent la m*** que je m’apprête à consommer. Allez allez Caro… T’as déjà mangé des choses bien pires dans ta vie.

C’est vrai que durant mes voyages autour du monde, j’en ai dégusté des « spécialités locales » (à l’époque, je mangeais encore de la viande) : cochon d’inde et rat grillé, ragout de poumon, peau de porc à la friteuse, larves et autres insectes, oursin cru, durian. Sans parler des choses improbables que l’on a dû me servir sous l’appellation « poulet » en Afrique et en Amérique du Sud… Et puis chez nous, on mange bien des escargots et du fromage (qui pour certains n’est rien d’autre que du lait moisi) Heu… bah vu comme ça…

J’avoue que j’ai utilisé une fourchette pour retirer la peau, et que je n’ai pris qu’un demi-hareng que j’ai étalé tant bien que mal sur ma tranche de pain beurée avant de compter jusqu’à trois et de mordre à pleines dents dans mon sandwich au Surströmming !

Je vous ai parlé de l’odeur du Surströmming… Mais son goût est encore pire ! Ça pique, ça brûle la langue, le palais, les joues, l’œsophage jusqu’à l’estomac ! Il m’a fallu mâcher longuement pour réussir à avaler chaque bouchée, tout en chassant les mouches qui s’agglutinaient ! Au final, je n’ai pas vomi, mais les grimaces de dégout ont été nombreuses.

J’ai testé : digérer le Surströmming

Après ça, il m’a fallu deux douches et une dizaine de brossage de dents pour me débarrasser de l’odeur. Concernant mon estomac, malgré un repas copieux juste après, j’ai senti les aigreurs dues au Surströmming pendant plusieurs heures.

Et pour ceux qui se demandent ce qu’est devenu le restant du contenu de la boîte, je l’ai vidée au pied d’un arbre dans la forêt. Ce n’est pas parce que je n’ai pas eu le courage de la finir qu’il fallait gaspiller la nourriture pour autant. Un gentil petit raton laveur a dû faire un festin ce soir-là, car lorsque je suis repassée une heure plus tard, il n’en restait pas une miette !

J’ai testé le Surströmming – mon avis

Maintenant que j’ai testé le Surströmming, je comprends mieux pourquoi il est interdit d’en transporter en avion. Car l’odeur est tellement infecte (!) que le pilote devrait atterrir en urgence si une boîte de conserve s’ouvrait en vol, par accident ou à cause de la pression.

Si toi aussi, tu veux tester le Surströmming, sache que l’on en trouve assez facilement dans les épiceries suédoises en Suisse et en France (mais pas chez Ikea, j’ai demandé). Sinon, voici un lien Amazon pour en commander. https://amzn.to/2xI17vC

 Enfin, pour les plus courageurs (ou les plus inconscients ??) il existe un festival du Surströmming à Alfta en Suède.

En résumé, j’ai testé le Surströmming, et je ne recommencerai pas !! C’est effectivement la pire odeur au monde que j’ai été amenée à sentir, et la pire spécialité culinaire que j’ai goûtée ! Mais, car il y a un mais, mes parents peuvent se venter de m’avoir bien éduquée, car aujourd’hui, je mange de tout ! Promis, je ne râlerai plus jamais lorsque l’on me servira de la purée de brocolis.

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