35 ans et célibataire

Temps de lecture : 12 minutes

Ca y est, j’ai 35 ans ! Je ne vais pas mentir, ça n’a pas été un cap « facile » à passer pour moi. Mais pas pour les raisons que tu imagines. Simplement parce que… eh bien… je me rends compte que je suis désormais plus proche de mes 40 ans que de mes 30, que j’ai de plus en plus de cheveux blancs et que des rides se sont installées aux coins de mes yeux.

Et puis, parce que je me souviens du jour où mes parents ont fêtés leurs 35 ans, eux aussi. Oui, à mon âge, mes parents étaient mariés depuis 10 ans et avaient déjà deux enfants de 9 et 7 ans.

Puisque j’avais publié un article pour mes 33 ans (30 in the new 20), je choisis cette année de publier la « suite ».

J’ai 35 ans, je suis célibataire et je n’ai pas d’enfant

Je viens de fêter mes 35 ans. Je suis célibataire et je n’ai pas d’enfant. Pire même. C’est une chose dont je parle très peu, mais, en plus d’être célibataire, je suis… divorcée ! Divorcée et sans enfant ! Si je parle très rarement de ce divorce, c’est parce que, pour moi, c’est juste un état civil administratif et qu’il ne défini par la personne que je suis ! Nous nous sommes mariés jeunes, après 4 ans de vie commune et nous nous sommes séparés trois ans plus tard…

Divorcer a été la décision la plus difficile et la plus douloureuse que j’ai prise dans ma vie, mais également la plus bénéfique. A l’époque, je passais pour un OVNI, mais avec les années qui passent, de plus en plus de mes amis rejoignent le « club ». Moi, j’ai tourné la page depuis longtemps et profité de ma vie depuis.

J’ai 35 ans, je suis célibataire et je n’ai pas d’enfant. Je ne rentre dans aucune case « socialement acceptée », et pourtant, je suis herseuse, indépendante accomplie et épanouie. Je suis en bonne santé, j’ai une famille qui me soutient dans tous mes projets, des amis fidèles et toujours présents, je suis également présente pour les gens que j’aime…

Être célibataire à 35 ans ?

Ai-je raté ma vie si je suis toujours célibataire à 35 ans ?

Si j’en crois les séries télés, les contes de fées que l’on raconte aux petites filles (tu sais le fameux… Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants) et les discours des anciennes générations, il semblerait bien que oui. La société juge les femmes célibataires de plus de 35 ans. Il y a forcément « quelque chose qui cloche », si « personne n’a voulu de nous ». Et si, à l’inverse, c’était chez les autres que « quelque chose clochait » et nous qui n’en voulions pas ?

Si je devais faire mon propre bilan, je dirais que je suis heureuse, épanouie, que j’ai rencontré beaucoup de princes, plus ou moins charmants… Mais certainement pas que j’ai raté ma vie ! Je suis bien trop géniale (en toute modestie) pour que ma vie soit définie par un statut relationnel !

J’aime ma vie comme elle est, je suis fière d’avoir pris le temps nécessaire pour m’épanouir dans mes projets, sans contraintes et de m’être donné les moyens de réaliser mes rêves. Pourquoi est-ce que l’on stigmatise autant les femmes qui ont eu le courage de prendre leur indépendance et leur envole, alors que le même comportement chez un homme suscite l’admiration ?

J’ai fait tellement de choses incroyables dans ma vie… Parfois en couple, parfois avec des amis, parfois seule… Comment peut-on croire que le fait de « réussir » sa vie tient en tout et pour tout dans le fait de pouvoir cocher la case « en couple » ? Moi je dis que réussir sa vie, c’est se lever le matin avec le sourire, et se coucher le soir en se disant : encore une belle journée de passée ! En résumé, réussir sa vie, c’est, pour moi, être heureuse !

Pourquoi choisir d’être célibataire à 35 ans ?

« Tu es trop exigeante, l’homme parfait n’existe pas ». Heu… Pardon ? Parce que tu crois que si je suis célibataire, c’est que j’attends « l’homme parfait » ? Hahaha, la bonne blague. Si je suis célibataire, c’est simplement par choix. Je fais le choix d’attendre LA rencontre qui en vaut la peine. Celle qui est passionnée, qui donne des papillons dans le ventre, le sourire à chaque SMS, qui coupe l’appétit et fait pousser des ailes. LA rencontre qui donne l’impression d’avoir à nouveau 15 ans. Celle qui fait passer toutes les autres pour des rencontres sans saveur ni couleur.

Et quand elle arrive, cette rencontre, elle vaut la peine d’avoir attendu. Qu’elle dure 1 semaine, 1 mois, 1 an ou toute une vie, ensuite… quelle importance. Elle se suffit à elle-même et elle est belle dans tout ce qui fait qu’elle a cette saveur unique de l’amour libre. Parce que dans le fond, personne n’appartient à personne. La perfection, c’est très surfait. Moi, je veux un homme dont les défauts soient compatibles avec les miens. Un homme parfaitement imparfait.

« C’est bien beau ta liberté là mais… ça tient pas chaud la nuit ! » C’est vrai, c’est pour ça que j’ai investi dans un super duvet et un sac de couchage grand froid. Plus sérieusement, j’ai beau être convaincue que « mieux que rien, ce n’est pas assez », ça ne m’empêche pas de continuer à croire que quelque part, quelqu’un saura me compléter et rendre ma vie encore plus géniale. Mais comme j’en avais marre d’attendre (vu qu’il n’a pas l’air trop doué en orientation, le garçon, puisqu’il ne croise pas ma route), je suis partie voyager et découvrir le monde. Donc si vous le connaissez… donnez-lui l’adresse du blog, pour qu’il sache où nous rejoindre.. Cosmos et moi !

35 ans et célibataire : les gros clichés

« Tu es trop indépendante, un homme à besoin de sentir que tu as besoin de lui. » Ha … ! Et pourquoi est-ce-que, moi, je voudrais m’encombrer d’un homme qui a si peu confiance en lui qu’il soit nécessaire que je me rabaisse ? Ça ne serait pas plus logique (et accessoirement plus sain) de partager ma vie avec quelqu’un qui soit fière de moi, de la personne que je suis et qui me complète là où, moi, je ne suis pas douée (le ménage et le repassage par exemple) ? Quelqu’un qui ne me verrait pas comme une petite chose fragile en détresse (ça sent le mythe du courageux chevalier ça, non ?), mais comme une personne à part entière, une partenaire stable et solide, avec qui construire une histoire grandiose ? Franchement, toi, si tu avais le choix (et tu l’as) tu préfèrerais être Cendrillon ou Vaiana ?

« Tu devrais sortir plus souvent, tu ne feras pas de rencontres en restant chez toi. ». Par où commencer ? Pour sortir, je sors. Souvent. Longtemps. En pleine nature. Avec mon chien. Parce que j’aime ça. Sortir dans un bar ? Volontiers, avec mes copines, pour profiter de la soirée. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais refusé de donner mon numéro à un charmant jeune homme qui venait me le demander pour me recontacter le lendemain. Mais le soir-même, lorsque l’on sort entre nanas, c’est pour rester entre nous. Avec nos emplois du temps bien chargés, quand on arrive à se trouver une soirée commune pour sortir, c’est pour profiter de se retrouver. Donc clairement pas le moment de draguer.

Sortir en boîte de nuit ? Merci mais non, je passe mon tour. J’y ai passé tous mes week-ends de 18 à 22 ans, il y a un temps pour tout. Et puis… Qu’est-ce que je ferais d’un fêtard, sachant que mon truc à moi, c’est de faire du camping sauvage, de me lever avec le soleil et de partir en randonnée pour 6h00 minimum ? Alors oui, des rencontres j’en fais parfois. Moins qu’un samedi soir en centre-ville, c’est certain, mais certainement de meilleure qualité. Je veux dire par-là que les gens que je croise en haut d’une montagne ou au fin-fond d’une vallée, raquettes à neige au pied, ont au moins l’avantage de partager les mêmes centres d’intérêt que moi.

Ne pas avoir d’enfant à 35 ans ?

Les enfants ? Je les aime bien, et pas seulement chez les autres. J’ai toujours eu envie d’en avoir dans ma vie, je ne fais pas partie de ces femmes qui refusent catégoriquement la maternité. J’ai déjà vécu en couple avec des enfants et j’ai adoré mon rôle de belle-mère.

Élever mes propres enfants ? L’idée est plaisante. Mais pas n’importe comment. La nature m’ayant doté d’une horloge biologique (cadeau bien pourri mais impossible à rendre au service après-vente), forcément, j’y pense. Un peu plus sérieusement chaque année.

Seulement voilà, pour moi, un enfant, c’est le fruit de l’amour. Le résultat d’une union heureuse et harmonieuse, dans laquelle je peux me projeter sur le long terme, et surtout, un enfant, c’est une envie commune, un projet pensé et choisis par les deux parents.

Si je n’ai pas d’enfant à 35 ans, ce n’est pas par manque d’opportunités, mais parce que les différentes relations que j’ai vécues ne s’y prêtaient pas, principalement parce que je n’envisageais pas ces hommes comme des pères potentiels pour mes/nos enfants. On peut être très heureux avec une personne tout en étant réaliste sur ses qualités. J’en ai voulu une fois, mais la nature en avait décidé autrement et notre couple n’y a pas survécu.

Adopter ? Concevoir seule ? J’ai étudier la question. Pas par intérêt marqué, plutôt par curiosité. Pour avoir toutes les cartes en main et décider en toute connaissance de cause. Je ne me permettrais pas d’émettre un jugement envers celles qui choisissent d’être mère célibataire. Simplement, moi, ce n’est pas ma vision de la maternité et de la famille. Un enfant, c’est avec un Papa dans ma vie, ou pas du tout.

Et puis bon… J’ai fêté mes 35 ans, pas mes 50. J’ai encore du temps devant moi avant de passer le cap fatidique de la DLC 😉

35 ans, célibataire… et alors ?

Je crois que le vrai problème, c’est cette idée-reçue que le bonheur passe obligatoirement par une vie de couple et de famille épanouie. Il faut séparer le concept de célibataire et de solitude. J’ai connu des relations qui me faisaient me sentir bien plus seule que lorsque j’étais célibataire (et j’y ai rapidement mis un terme).

En 2020, on peut se marier entre personnes du même sexe, dans certains pays les couples gays peuvent même adopter, on peut fabriquer des enfants dans des éprouvettes en laboratoire, mais on ne peut pas être célibataire à 35 ans ?

Nos grand-mères et nos mères se sont battues pour que l’on aille le droit de faire des études, de porter un pantalon, de voter, de travailler (et de choisir librement où, quand et combien de temps), de vivre seules et même de divorcer.

Ma Maman me racontait il y a quelques mois que lorsqu’elle était enfant, ma grand-mère avait dû demander l’autorisation à mon grand-père pour pouvoir travailler. Il existe encore des pays dans le monde où les femmes n’ont pas le droit de se promener seules dans la rue, ni de conduire une voiture, ni de se retrouver seules avec un homme avant leur mariage. Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ?

J’ai 35 ans et je veux des crêpes !

Un choix de vie différent dérange la société, parce que l’on ne « rentre pas dans le moule ». En écrivant cet article, je me suis posé une question. Une question sur le fond, plus que sur la forme. Et si ces gens, qui questionnent et qui jugent, ne le faisaient pas par pure curiosité ou soucis de mon « bien-être », mais plutôt pour se rassurer eux-mêmes sur leurs propres choix ?

Comme s’ils avaient besoins d’être confortés dans leurs idées, leur vie, leur idéal ? Combien de couples sont réellement heureux en ménage et combien restent ensemble par habitude ou convenance ? Ne peuvent-ils simplement pas concevoir qu’il est possible d’être heureux « autrement » ? Ont-ils peur de découvrir une vérité bien plus « dérangeante » encore ?

Moi ce que je dis, c’est que les moules, c’est bon pour la pâtisserie et que si j’ai envie de manger un gâteau, je vais à la boulangerie. Mais pour garder la métaphore culinaire, je dirai que le bonheur, c’est comme les crêpes. Certains les aiment sucrées, d’autres les préfèrent salées (oui, je sais, quand elles sont salées, on dit des galettes).

Sur les crêpes, on peut y mettre du fromage, du jambon, du saumon fumé, de la confiture, du miel, du caramel au beurre salé… On peut même y mettre du Surströmming. Et les crêpes, c’est encore plus sympa quand on les mange à plusieurs. Tu sais, je parle de ces soirées party-crêpes où l’on met tous les ingrédients sur la table et que chacun compose son petit menu, selon ses envies, dans son assiette. Chacun à sa recette fétiche et tout le monde à raison, puisque le goût, c’est personnel. Voilà, c’est ça : Le bonheur, c’est une party-crêpes géante !

J’ai 35 ans et je m’aime !

L’article touche à sa fin. Il était un peu long, mais il me tenait à cœur. Pas pour me justifier, ni tenter de convaincre qui que ce soit (le regard des autres… je m’assois dessus depuis longtemps).

Non. Si j’ai écrit cet article, c’est pour toi, qui a pris le temps de me lire jusqu’au bout, parce que tu vis la même situation (ou qui a une amie qui la vit). Toi qui te pose beaucoup de questions, qui t’inquiète pour l’avenir. Toi qui a peur de regretter tes choix plus tard. Toi qui en a marre d’entendre des phrases toutes faites du genre « tu devrais être moins exigeante… une jolie fille comme toi ne devrait pas vivre seule… mets un peu d’eau dans ton vin, avec un caractère pareil, personne ne voudra de toi… ».

Perso, ma remarque préférée c’est « ton chien prend trop de place dans ta vie, tu ne trouveras jamais personne comme ça  ». Je vais te dévoiler un graaaaaaannnnd secret : mon chien n’a jamais été un problème dans mes relations. Les hommes qui tiennent à moi ont même plutôt tendance à en faire encore plus que moi.

Cet article, je l’ai écrit pour décomplexer toutes les nanas super géniales qui ont eu le courage de dire « non » à une relation qui n’étaient pas pleinement épanouissante. A toutes celles qui préfèrent prendre le risque de finir leur vie toute seule (je rigole hein, c’est juste pour balancer un dernier cliché), plutôt que de rester dans une médiocrité relationnelle certaine ! A toutes celles qui ont osé suivre leurs rêves, leurs envies ! C’est OK d’être célibataire à 35 ans et de ne pas avoir d’enfant. Une femme est belle quand elle fait ce qui lui plaît.

Le mot de la fin, je le laisse à ma nièce, car elle a une formule magique pour résumer tout ce que je viens d’écrire : Tata, t’es en train de vivre ta meilleure vie !

One thought on “35 ans et célibataire

  1. Isabelle

    Bien dit !!!
    T’inquiète dans quelques années ont arrêtera de t’embêter avec ça…
    J’ai eu 41 ans cette année, célibataire et sans enfant et ça fait déjà quelques années que les gens ont enfin compris que je suis bien mieux seule avec ma meilleure amie poilue, Lolita.
    La seule chose qui me fait très peur c’est le jour où ma petite Lolita (Elle a 13 ans) quittera ce monde et que je n’aurais aucune épaule sur qui me reposer car pour moi, mon soutient, celle qui est toujours là quand j’en ai besoin c’est bien ma petite Lolita.
    Mise à part ça je ne vois absolument pas ce que je ferait de quelqu’un d’autre que Lolita dans ma vie.
    Bon article !!!

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